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jean.sarfati

Dimanche 8 janvier 2006

Il est proposé de créer un mouvement de dialogue entre les gens de bonne volonté ayant pour objectif :

  1. de défendre et d’illustrer les thérapies de parole ayant pour une de leurs références essentielles la psychanalyse, contre la tentative mondialisée d’idéologies religieuses, néo-fascistes ou scientistes de la réduire et de la disqualifier.
  2. De développer les contributions intra et transdisciplinaires , entre les praticiens des différentes formes de psychanalyse (freudiennes, jungiennes, lacaniennes, etc.), et entre ceux ci et les praticiens d’autres disciplines, notamment dans le champ des sciences humaines.
  3. D’oser s’avancer dans la direction de l’analyse et de l’évaluation critique des constructions théoriques et pratiques de la psychanalyse depuis ses débuts, surtout au regard de ses résultats plus ou moins connaissables et évaluables sur les personnes, notamment les enfants.
  4. De faire connaître le contenu des débats au grand public afin que la Démocratie soit mieux informée des enjeux de civilisation desquels participe la psychanalyse (concernant par exemple les " trois métiers impossibles " selon Freud : la démocratie , le pire des gouvernement à l’exception de tous les autres (dixit W.Churchill); la psychanalyse , la pire des psychothérapies, à l’exception de toutes les autres ; le libertaire , le pire des modes d’éducation , à l’exception de tous les autres).
  5. De privilégier le débat plutôt que la raison, l’essentiel visé étant justement l’existence et la pérennisation du dialogue, les retombée de " l’avoir raison " n’étant à attendre que " par surcroît " pour chaque personne, auteur, Ecole, ou pour la société dans son ensemble.

C’est dans cette perspective , et pour éviter les pièges de l’ortho ou de l’hétérodoxie de tels ou tels courants psychanalytiques , que je nomme ce champ de la " fonction de la parole et du langage ", et le Dialogue que je souhaite y voir s’instaurer : la " Speakanalyse " .

Docteur Jean Sarfati. A Draguignan le 30 octobre 2005. Mail : sarfati.js@wanadoo.fr

Par Sarfati
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Dimanche 8 janvier 2006

Résumant, on peut proposer en s’inspirant de Freud que les trois métiers " impossibles " sont par ordre chronologique : éduquer, faire " psycho-maturer " et gouverner. A mon sens, à ces trois " métiers " impossibles, correspond une même philosophie " churchillienne " : ‘la démocratie est le pire des régimes…’, la formation à la liberté est la pire des éducation , et la psychanalyse la pire des maturations psychiques , ‘…à l’exception de tous les autres’.

Comme on le sait à propos de la Démocratie, ce ne sont pas qu’effets de manche et paroles en l’air. Dans le champ de l’humain, on est très souvent mis devant le choix de la politique du moins pire …ou du pire. C’est Jacques Lacan qui avait parlé de la psychanalyse qui s’" …ou pire ".

 

Pourquoi est-on confiné à ce choix décevant ? Je ne prétendrais pas répondre ici, mais on peut remarquer que le Romantisme comme maladie de l’idéal du Moi a débouché sur le déchaînement des " idéaux " révolutionnaristes prônant un " homme nouveau ".

Il n’y a pas plus d’homme nouveau que d’homme né des fumées jupitériennes ou livré en pied par le bec d’une cigogne : l’homme, dont le propre est la parole, naît toujours de la fornication de tel homme et de telle femme, " mon " père et " ma " mère.

 

On peut alors énoncer les faits scientifiques qui étayent la psychanalyse, aussi triviaux que la chute balistique des corps qui fonde la physique newtonienne :

 

     

  1. Une alliance amoureuse entre une femme et un homme, sous diverses formes de nos jours, accompagnée de force discours échangés, avec fornication et fécondation comme résultat.

     

     

  2. Un inceste fondateur entre le bébé et sa maman, nourricier, charnel, hyper sensuel et d’allure mystique. Cette puissante relation amoureuse physique singulière et salvatrice pour ce bébé va couvrir des semestres, car le bébé naît " prématuré " et est incapable pour longtemps de se sauvegarder lui-même, à la différence des animaux.

     

     

  3. Un univers de la signifiance et de la parole, charpenté par la langue maternelle, que le petit d’homme est contraint d’apprendre en sélectionnant parmi les possibles de sa totipotence neurobiologique, la parole devenant le véhicule de l’expression du désir.

     

     

  4. Un interdit de l’inceste, Loi universelle des sociétés humaines, qui oblige l’enfant à refouler son désir incestueux fondateur, désir qui ne peut pas disparaître (règle scientifique élémentaire de l’ontogenèse qui, par exemple en anatomie, fait que l’organisation embryologique ne disparaît pas de l’organisme adulte, mais au contraire le structure de façon impérative),…

     

     

  5. … et qui commence à fonder un système de pensée signifiante de la désirance devenue inconsciente. Un complexe jaloux à l’encontre du parent rival, dit complexe d’Œdipe, couronne ce refoulement, complexe lui même refoulé à son tour car politiquement incorrect dans la vie familiale!

     

     

  6. Le fait du rêve, hallucination compensatoire des frustrations de la veille chez l’animal supérieur- donc gardienne du sommeil (Freud)-, qui produit un vécu qui est aussi un récit travesti signifiant le désir interdit frustré, dans la cadre de la régression-récupération journalière de 8 heures.

     

     

  7. Le fait du symptôme, par excellence hystérique de Charcot, décodable comme conversion d’une déclaration d’amour-haine, donc d’un discours de désir.

     

     

  8. Le fait du transfert des relations infantiles, que vit chaque praticien de la relation humaine, et que la médecine connaît depuis belle lurette comme " colloque singulier " médecin – malade.

     

     

  9. Enfin ces données sont sans cesse reproduites pour chaque être humain à titre singulier, donc irréductibles à une sérialisation simpliste, d’autant plus que l’inconscient signifiant est par nature anti-conscient, destiné à l’obscurité, nous menaçant donc d’obscurantisme sous quelque dehors que ce soit (même apparemment " cognitif ").

     

 

Déclarer ces faits " non réfutables ", car inaccessibles à l’expérimentation, est aussi pertinent que de rejeter l’astronomie par l’impossibilité d’aller manipuler les étoiles en laboratoire (sans parler des trous noirs ou du Big Bang ) , la microphysique par l’inaccessibilité des quarks et des échelles de Planck, ou le fait historique des chambres à gaz par la rareté des preuves directes autres que de témoignage!

 

Mon témoignage de praticien pédopsychiatre (malheureusement non réfutable !) est que la psychanalyse est difficile chez les adultes, mais qu’elle est extraordinairement efficace chez les enfants (sous des formes infantiles : dessin à la Dolto, jeu chez Winnicott, entretiens avec les parents pendant que l’enfant dessine ou joue), et plus précoce, plus efficace : grossièrement j’estime que ce qui demandera aléatoirement 10 ans chez l’adulte, se fera en 10 trimestres chez l’adolescent, 10 mois chez l’enfant et 10 semaines chez le bébé. Ce simple fait d’expérience professionnelle témoigne de la cohérence factuelle globale de la théorie freudienne, dont on doit souligner qu’elle a été initialement construite pour des adultes. C’est aussi ce qui rend à mes yeux scandaleuses les entraves mises à son développement dans la prévention des pathologies relationnelles infantiles, pourvoyeuses de tant de vies abîmées. Il n’y a certes pas de vie humaine parfaite, mais il y a une marge de ça au gâchis actuel qui entraîne une telle demande de psychiatres.

 

Mon estimation est que la psychanalyse est une médecine (et la " médecine de la preuve " statistique à l’anglo-saxonne, -proof based medicine-, n’est qu’une partie de la médecine , l’autre étant celle du témoignage clinique à la française), donc un Art au bord de la science -jeu de mot compris- . Médecine aussi paradoxale que d’autres, comme par exemple la chirurgie vulnérante qui ne fait guérir… que par surcroît, ou l’obstétrique accoucheuse qui soigne une… non-maladie ! Médecine étiologique de la maturation psychologique depuis les complexes incestueux de l’enfance vers l’âge adulte, … qui ne nécessite pas un diplôme mais d’avoir " fait " sa psychanalyse, ce qui n’est pas rien.

 

Mon jugement sur la campagne anti-psychanalytique actuelle : elle est indigne, peu consistante scientifiquement, ennemie des malades sous des dehors appétissants de promesses de guérison, et peut-être instrumentalisée par un lobby financier et politique (les comparaisons répétées avec le communisme et les envies de " casser la figure " rappellent une certaine propagande de triste mémoire sur le judéo-bolchevisme –Freud et Marx– , amalgame d’autant plus manipulatoire que les régimes communistes ont toujours été hostiles à la psychanalyse) .

 

Mon regret est que les psychanalystes, outre leurs différentes bonnes raisons, refusent de raison garder dans leurs guerres pichrocholesques, préfèrent la suffisance verbeuse nombriliste à l’analyse critique des difficultés réelles (comment choisir son psychanalyste de façon pertinente ? comment supporter les moments critiques ? comment faire quand on est peu argenté ? comment terminer ? etc.), et oublient eux aussi l’intérêt des patients, dont au premier chef les enfants et les adolescents.

 

Et bien entendu, je refuse d’invalider ou dénigrer les autre méthodes pratiquées par des confrères ou collègues: médicaments psychotropes, thérapies symptomatiques cognitivo-comportementales, hypnose, relaxation, relations institutionnelles (que je peux moi même utiliser selon les indications) . Comme l’impose la déontologie, dans l’intérêt des " malades ", je préfère la Médecine à l’idéologie.

Dr Jean Sarfati.

Psychiatre-pédopsychiatre. mail : sarfati.js@wanadoo.fr

Par Sarfati
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Mercredi 25 janvier 2006

     

    1. La parole est un besoin absolu de l’adolescent comme de toute personne. C’est ce qui a amené J. Lacan à forger le terme de <<parlêtre>> pour l’être humain.
    2. Sa parole est vécue comme une singularité demandant à se faire reconnaître par l’interlocuteur.

       

    3. Etre entendu dans la singularité de sa parole réassure immédiatement l’adolescent , lui donne le sentiment d’être reconnu par l’autre. Au contraire tout ce qui tend à trivialiser la relation le fait replonger dans un sentiment de dévalorisation.

       

    4. La tentation suicidaire équivaut à :<<ça, ça vous interpelle de façon non contingente>>, puisque l’essentiel est de se faire reconnaître de façon signifiante par l’autre, comme singularité unique et irremplaçable.

       

       

    5. On retrouve ici la recherche de cette relation primo-infantile fondatrice, quasi mystique, de demande de reconnaissance par l’Autre (interlocuteur) de la signifiance ici et maintenant de sa parole.

       

       

    6. Mais concomitamment, ce qui est dit doit être considéré comme ayant valeur de discours d’adulte , être " pris au sérieux " !

       

       

    7. On doit créer un lien réciproque d’engagement référent à la Loi : le médecin explique n’accepter de la traiter que sous le sceau du secret médical, et que ce sceau ne pourra être rompu que par l’autorisation expresse de l’adolescent (responsabilisation du jeune).

       

       

    8. On peut alors énoncer (ou mieux, faire énoncer) que l’ado est mineur, donc sous l’autorité de ses parents qui doivent être informés de la démarche (et l’approuver dans le meilleurs des cas).

       

       

    9. Il ne faut jamais juger avec une connotation de mépris les parents, car ils sont une partie de l’identité de l’adolescent, une part de son narcissisme .

       

       

    10. Insister sur la notion de travail de la parole, de SA parole.

       

       

    11. On peut alors s’aider du " diagramme en S de la parole " dans sa version de base qu’on fait dessiner par l’ado sans modèle, sous direction verbale, pour positionner les enjeux et la place relative des médicaments (du côté du réel) et de sa parole (d’avec l’Autre).

       

       

    12. Approcher avec délicatesse la question des désirs, notamment sexuels. Le travail sur les rêves accroche souvent très positivement (en y allant doucement, un trait interprétatif suffit à la fois, s’il est souhaitable).

       

       

    13. La partie se noue bien quand on peut demander à l’ado de dessiner son arbre généalogique pour la prochaine séance, chez lui et à main levée, sans modèle, donc à sa manière. Une étonnante prise du processus de symbolisation se manifeste alors (que je nomme " effet rupestre ").
Par Sarfati
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Mercredi 22 mars 2006

Le 22 mars 06,

Madame, Monsieur,

 

Je suis très déçu de la qualité de l’information concernant tout ce qui peut avoir une tonalité russe.

Ainsi des élections en Biélorussie : je ne sais toujours rien, ou si peu, du peuple biélorusse, de ses opinions, aspirations, mode de vie, niveau de vie, espérance de vie, protection sociale, état de l’emploi, etc.… Par contre, je suis sursaturé d’un véritable propagande mettant en valeur des dizaines de manifestants de la place centrale de la capitale.

Ainsi aussi de l’état du peuple russe, je peux seulement (encore faut il que j’ai délibérément bonne mémoire) savoir par un articulet du " Monde " que l’espérance de vie en Russie est passée de 65 ans à la fin du régime soviétique à 59 ans aujourd’hui. Une information de ce type semble anodine, et n’a d’ailleurs donné lieu à aucun article de fond des journaux français, non plus qu’à aucune levée de boucliers. Par mauvais esprit citoyen, j’ai fait un calcul distrait : 6 ans de perte d’espérance de vie, c’est 9% de la durée de vie moyenne perdue. Reporté à 220 millions d’habitants de l’époque soviétique, c’est environ 2O MILLIONS de personnes qui sont mortes (de misère je suppose) du fait du changement de régime économique. J’ai été effaré de découvrir ce chiffre sur ma calculette ! J’ai appris qu’on " crédite " le communisme stalinien de 6 millions de morts de la grande famine d’Ukraine dans les années 30 du XX° siècle, et on a légitimement vilipendé ce régime pour ce crime.

Mais comment se fait-il qu’aujourd’hui on pratique deux poids deux mesures concernant les mêmes faits, et d’une bien plus grande ampleur ? Pourquoi ce silence scandaleux et déshonorant sur un fait aussi grave ?

Devant l’absence de traitement de cette très grave réalité, je suis obligé de raisonner avec ma seule tête : d’une part je ma dis que si la population de Biélorussie préfère son dictateur (élu avec la même score que Chirac, mais pas de problème, puisqu’on analyse avec deux poids deux mesures –comme dans l’ancien régime  !-) , c’est parce qu’elle sait bien ce qu’il en est de cette " horreur économique " du capitalisme sauvage qui s’est déchaîné en ex-Urss ; d’autre part je me raconte que finalement , tout ce mouvement de l’Europe depuis la Constitution oligarchiste de dictature financière jusqu’à cette propagande systématique anti-russe , ça ressemble à s’y méprendre à la réalisation d’un intérêt séculaire de … l’Allemagne , combiné habilement avec celui des grands intérêts financiers internationaux !

Evidemment, je divague, mais alors la dernière question me vient : pourquoi diable les journalistes français se sentent t’ils tellement obligés d’enfourcher ce cheval propagandiste, plutôt que de simplement nous INFORMER ?

Bien entendu, je vous rassure : je sais que je divague et que ma lettre sera prudemment censurée par vos soins et confiée au bon soin de la corbeille des consciences.

Allons, au moins l’avez vous lue … !

Par Sarfati
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Jeudi 23 mars 2006

Il semble qu’on ait oublié un léger détail concernant le CPE : certaines voix s’étaient élevées il y a quelques mois contre le harcèlement sexuel dans le cadre professionnel, et de nombreux témoignages avaient été rapportés par les journalistes.

Ah, quelle aubaine pour les harceleurs ! Rendez vous compte : déjà qu’ils se servaient sans vergogne, voilà qu’un Premier ministre leur sert sur un plateau le moyen idéal et invisible de faire passer à la casserole toute une génération de petites jeunettes au chômage.

On imagine la scène mille fois répétées : " salut jolie mademoiselle, vous vous plaisez chez moi ? Ah à propos, vous souhaitez rester dans l’emploi ? Oui ? Bien bien , j’apprécie le bon esprit … bon, ce soir vous finissez à 17 heures… j’ai deux places pour … " La suite ? Deux solutions : soit elle refuse, et le lendemain c’est la lettre de licenciement sans justification ; soit elle accepte, et elle garde l’emploi en étrennant le canapé.

Le renouveau du droit de cuissage : merci , Monsieur le Premier ministre de la République française !

Par Sarfati
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